Géographie

À 82 mètres d'altitude, la commune de Saint-Michel-le-Cloucq est située aux confins du bocage (au nord) et de la plaine céréalière (au sud). Une des limites communales se situe au sud de la forêt de Mervent-Vouvant.

La Vendée est le principal cours d'eau qui traverse la commune.

Saint-Michel-le-Cloucq se trouve à 5 km de Fontenay-le-Comte, 28 km de Niort, 55 km de La Rochelle, 104 km de Nantes et 450 km de Paris.

Le territoire communal s’étend sur une surface de 1771 hectares dont deux tiers sont constitués de terres agricoles.

Histoire

Le nom de Saint-Michel-le-Cloucq a évolué au fil du temps : Saint Michel le Clos, Saint Michel le Clou puis Saint-Michel-le-Cloucq. C’était au xie siècle un prieuré dépendant de la riche abbaye de Maillezais. La juridiction de ce prieuré dont le revenu s’élevait à 1 500 livres était entourée d’un large fossé qui en indiquait les limites : d’où le nom de clos.
Avant même la conquête romaine, il dut exister à Saint-Michel-le-Cloucq des camps. Apparemment, ils étaient au nombre de trois et se seraient situés l’un à Berneveau, l’autre à Lugres (Baugisière actuelle ?) et le dernier au nord des Peux. Ces refuges furent, plus tard, occupés par des soldats romains. Le bourg ou plutôt La Mothe de Saint-Michel-le-Cloucq est lui-même situé sur l’emplacement d’un ancien castrum. Une voie gallo-romaine, le chemin des Sauniers, venait de Poitiers et desservait cette région.
L'église de Saint-Michel-le-Cloucq, dont le précédent portail portait extérieurement des traces de peinture du xiie siècle, appartient à l’époque romane.
Les restes d’une chapelle de la Braud datent de cette même époque. Les guerres de religion (1571) n’épargnent pas l’église qui fut ravagée par des bandes protestantes.

Dans la paroisse, la famille de Chasteigner a détenu pendant plusieurs siècles de fief de La Melleraye (actuellement La Meilleraie) qui a dépendu des seigneurs de Vouvant jusqu'au xiiie siècle puis de la châtellenie de Fontenay-le Comte1.
Les membres les plus connus de ces seigneurs furent :
- Thibault, seigneur de la Melleraye qui fit des dons avec son frère Chalon à l'abbaye de l'Absie au début du xiiie siècle (on ne sait pas comment La Melleraye passe ensuite à la maison Chasteigner)2.
- Gilbert (Gislebert) Chasteigner, premier seigneur de la Melleraye de cette maison, cité dès 1246, qui reçut de Hugues l'Archevêque, seigneur de Parthenay et de Vouvant, les droits de haute et basse justice sur le fief de la Melleraye en 1251 ou plutôt 12613.
- Jean de Chasteigner, conseiller des rois François Ier et Henri II.
- Jean-Henri de Chasteigner, chevalier de Saint Louis.
- Jean-René-Henri de Chasteigner, membre de l’assemblée du Poitou pour la noblesse ; il fut guillotiné à Paris en juillet 17944.

Emblèmes

Héraldique

Article détaillé : Armorial des communes de la Vendée.
Blason Blasonnement :
D'azur au donjon couvert d'argent ouvert et ajouré du champ, flanqué de deux tours couvertes aussi d'argent, ajourées du champ, le tout maçonné de sable, soutenu de l'archange Saint Michel d'or, au franc-canton dextre cousu de gueules chargé d'un chêne d'or et au franc-canton senestre aussi cousu de gueules chargé d'une gerbe de blé aussi d'or.
 
Statue de saint Michel sur l'église.


L’archange symbolise les origines chrétiennes du nom de la commune qui prit naissance autour d’un simple prieuré dédié à saint Michel. Ce prieuré était entouré d’une muraille qui délimitait un espace clos suggéré ici par le donjon accolé de ses tours. Cet ensemble fortifié débouche sur un nouveau symbole : celui du bourg proprement dit qui, rejoint par les villages de la Braud et la Meilleraie, forme la commune que nous connaissons aujourd’hui. Le donjon et les deux tours d’angles peuvent aussi rappeler les trois châteaux élevés sur la commune et dont les propriétaires, à des titres divers au cours des siècles passés, contribuèrent à écrire des pages de l’histoire locale. Les meubles figurant aux angles font référence, sur le plan géographique, à la position charnière occupée par Saint-Michel-le-Cloucq. Au nord, la pointe extrême du bocage avec ses lourdes terres propices aux futaies (d'où le chêne), au sud, le calcaire de la plaine qui enfante le blé (d'où la gerbe de blé). Ce blason est dédié aux hommes et aux femmes qui, au cours des siècles, se sont accrochés à ce morceau de Poitou… À ceux et celles qui ne sont plus qu’un nom et un prénom sur les registres… À ceux et celles qui ont façonné ce pays5.

Devise

La devise de Saint-Michel-le-Cloucq : Sancti Michaelis Clausi.

Lieux et monuments

Quelques éléments patrimoniaux 6,7,8,9,10.

 
Le vitrail : saint Michel terrassant le dragon.

L’église paroissiale 11: à l’évangélisation de la Vendée au xie siècle, le patrimoine religieux connaît un essor important. Les églises et les chapelles, dont les fondations peuvent remonter jusqu’au xe siècle, se caractérisent souvent par des clochers carrés se rattachant à la tradition romane, ce qui est le cas de cette église.
À l'intérieur, elle est formée d’une longue nef (près de 40 m) à laquelle furent ajoutés d’étroits collatéraux supportés par quatre arcades. Les contreforts extérieurs sont massifs et l’on peut voir encore autour du chevet du chœur quelques têtes grimaçantes et fabuleuses. Tout semble bien indiquer (avec un précédent portail qui portait extérieurement des traces de peinture du xiie siècle), une architecture des xie et xiie siècles malgré les remaniements, parfois importants, qui ont eu lieu au cours du temps.
Pendant les guerres de religions (1570), elle fut presque entièrement détruite. Le grand vitrail du chœur (remis à jour en 1886) et quelques croisées sont du xviiie siècle. Différentes restaurations furent entreprises dont la principale fut l’œuvre de l’abbé Audureau, curé de la paroisse pendant 40 ans (1857-1897) :
En 1865, reconstruction de deux travées entre le chœur et la partie neuve. L’abbé Audureau fit aussi ouvrir la fenêtre murée du chœur et reconstitua cette belle verrière sur laquelle se dessine l’archange saint Michel terrassant le dragon.
En 1880, il fit établir les deux chapelles latérales (autel du Sacré-Cœur et autel de la Pietà). Il voulait également réaliser une flèche gothique mais, devant l’ampleur des dépenses, il dut y renoncer.
L'église possède aussi un retable remarquable. Au-dessus du portail, une frise représente des chiens traquant les sangliers, scène sans doute inspirée par les chasses à courre se pratiquant dans la proche forêt.

 
L'église
 
La nef
 
Détail de la frise du portail
Quatre châteaux privés

Le château du bourg était la demeure des seigneurs de Saint-Michel-le-Cloucq. On en retrouve la trace avec Guillaume de Saint Michel, seigneur du dit lieu en 1145, puis Gillet de Saint Michau, seigneur de Saint-Michel-le-Clou en 1403, De Villiers de Saint Paul, seigneur de Saint-Michel-le-Cloucq en 1550, Jean de Chasteigner seigneur de Saint-Georges et de Saint-Michel vers 1580. Le domaine restera ensuite dans la famille des de Chasteigner pendant plus de quatre siècles. La demeure actuelle présente les caractéristiques du logis Renaissance. Spécifique de la région, il est généralement constitué par l’alliance du château et de la ferme, formant un ensemble très homogène de bâtiments encadrant une ou deux grandes cours intérieures, autour desquelles s’organise toute une vie agricole, le corps principal se composant d’une façade sobre aux proportions élégantes. C'est le cas de ce château dont on peut admirer le porche et sa poterne, surmontés d’un fronton fleuronné, avec un arbre sculpté et les blasons de la famille de Chasteigner. Vendu en 1935 à Louis Charon, maire de Saint-Michel-le-Cloucq, le château est resté la propriété de la famille Charon-Kiéné jusqu'en 2014.

Le château de Beaulieu : il dépendait de la seigneurie de Saint-Pompain. C'est un logis fortifié du xviie, partiellement restauré, dont le plan est classique : habitation principale précédée d'une cour encadrée de bâtiments de dépendances. L'entrée se fait par un porche rond. Le château, en contrebas, est séparé des dépendances par un profond fossé. Il est muni d'une ancienne tour de défense et de deux échauguettes carrées. Cinq familles s'y sont succédé : du Pont aux xvie et xviie siècles, de Grimouard au xviie, Massé au xviiie siècle, Pichard du Page du xviiie au xxe siècle. Actuellement propriété de la famille de Fleuriau.

Le château de la Baugisière (autrefois Bogisière ou Bougizière) : le domaine s’appelait primitivement le manoir de l’Ugres ; il prit son nouveau nom au Moyen Âge quand la famille Bogis en devint propriétaire. Édifié à cette époque, le château a ensuite été reconstruit en 1741, sous Louis XV. La chapelle comporte une façade classique surmontée d’un clocheton. L'ensemble des jardins est une vaste composition régulière contemporaine de la construction de l'édifice, ils sont en cours de restauration et abritent, près du lavoir, un remarquable platane tricentenaire. Propriété depuis 2003 de Jean-Pierre et Claudine Lenglart D’Affringue De La Baugisière.

Le château du Mazeau : à proximité d'un logis plus ancien dont il ne reste qu'un mur d'enceinte et une tour ronde à un angle, le château fut reconstruit vers 1830 avec parc paysager, chapelle, poterne, pigeonnier et deux tours qui ont depuis disparu. Sa façade actuelle est d'une sobriété classique avec, au centre, un fronton triangulaire porté par quatre pilastres dont la base s'établit au 1er étage. On retrouve un Jean Chasteau seigneur du Mazeau dès 1609. Henry Suyrot acquiert la propriété vers 1680. Devenu bien national à la Révolution, le domaine fut racheté peu après par la famille de Suyrot qui en est toujours propriétaire.

 
Château du bourg
 
Château de Beaulieu
 
Château de la Baugisière
 
Château du Mazeau

-Ferme de l'Âge de Fer vers Brelouze

-Nombreux éléments du petit patrimoine tels que les calvaires ou de nombreux puits